La déclaration RSE obligatoire : Entretien avec notre cofondateur, partie 1

Publié le
Le 11 mars 2022

​Tandis que les préoccupations mondiales concernant le changement climatique s’intensifient, les gouvernements et les industries explorent des solutions concrètes en matière de développement durable pour atteindre les objectifs de l’Accord de Paris. La communication de renseignements sur la durabilité a été au centre de la discussion, car elle permet aux entreprises de mesurer leur incidence sur les communautés et sur la planète afin de l’améliorer.

Conscientes de tous ces changements, de plus en plus d’entreprises se demandent comment elles peuvent élaborer une stratégie financière et de durabilité à long terme.

Afin de répondre à cette question, nous nous sommes entretenues avec Patrick Elie, notre cofondateur et chef de la direction, pour discuter de comment les entreprises peuvent intégrer efficacement la déclaration de performance extra-financière dans leurs processus existants et s’adapter aux exigences et aux cadres de déclaration, qui évoluent rapidement.


Lors de la pandémie, les investisseurs se sont davantage intéressés à l’investissement responsable, et d’innombrables institutions financières ont écrit sur la manière dont l’intégration de facteurs environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG) dans les stratégies d’affaires permet d’accroître la résilience des entreprises. À quoi attribuez-vous cet intérêt grandissant?

Gérer efficacement les questions ESG, c’est atténuer les risques et déterminer quels facteurs externes sont susceptibles d’avoir une incidence sur l’entreprise. La COVID-19 peut être considérée comme une menace externe majeure. Les entreprises qui connaissaient déjà les risques auxquels elles étaient exposées étaient mieux préparées pour réagir à cette menace et pour s’adapter aux perturbations s’y rattachant que les entreprises qui ont été prises par surprise.

Étant donné que les principales répercussions de la pandémie ont été d’ordre humain, les organisations qui maîtrisaient bien les facteurs sociaux étaient mieux préparées pour faire face aux changements occasionnés. Elles ont notamment été en mesure de maintenir leur culture d’entreprise malgré le travail à distance et d’offrir du soutien à leurs employés en matière de santé physique et mentale.


Depuis la Conférence des Nations Unies sur les changements climatiques (COP26), tous les regards sont désormais tournés vers les gouvernements et organisations, qui doivent agir pour lutter contre les changements climatiques. Pensez-vous que la déclaration de performance extra-financière peut nous aider à atteindre collectivement les objectifs de l’Accord de Paris?

Absolument. Chez Metrio, nous partons du principe que l’on peut gérer ce que l’on peut mesurer, et la déclaration de performance extra-financière vise justement à mesurer la performance. Il sera essentiel de pouvoir quantifier les émissions de gaz à effet de serre (GES) de façon précise et détaillée pour atteindre les objectifs de l’Accord de Paris et les nouveaux objectifs fixés lors du sommet COP26. Or, les mesures nécessaires ne peuvent pas être de simples estimations : elles doivent s’appuyer sur une compréhension claire des sources d’émissions. 

Une fois que nous aurons déterminé l’origine des émissions, nous saurons ce que nous devons faire pour les réduire. Mais comme ce défi continuera probablement de se poser pour le prochain siècle, il ne suffira pas de gérer les données à court terme : nous devrons trouver de nouveaux moyens innovants et durables afin d’encourager les entreprises à réduire leurs émissions, quitte à recourir initialement à des marchés du carbone.

Patrick Elie, Chef de la direction chez Metrio Software
Gratte-ciels

Bien que de nombreux pays aient rendu obligatoire la déclaration de performance extra-financière, beaucoup d’autres ne l’ont pas encore fait. En quoi les entreprises peuvent-elles avoir avantage à déclarer volontairement des informations sur leur performance?

La déclaration de performance extra-financière n’est pas encore obligatoire dans tous les pays, mais elle le sera bientôt. À titre d’exemple, la Securities and Exchange Commission (SEC) des États-Unis devrait annoncer de nouvelles règles de déclaration liées au climat au début de 2022. Les entreprises qui sont pleinement préparées à l’entrée en vigueur des nouvelles lois auront une longueur d’avance sur leurs concurrents, car elles seront prêtes à fournir des données fiables et auditées lorsqu’on leur demandera de le faire. Bon nombre de nos clients nous ont indiqué qu’ils mettaient en place un système structuré pour la déclaration de performance extra-financière parce que l’inaction leur serait beaucoup plus coûteuse à long terme.

Les entreprises qui déclarent des informations sur leur performance extra-financière publiquement peuvent également sortir gagnantes de la pénurie de main-d’œuvre actuelle, car la durabilité des activités d’un employeur pourrait inciter des personnes qualifiées à postuler et donner au personnel existant des raisons supplémentaires de rester. Nous avons observé ce phénomène directement dans le cadre de nos activités.

Les organisations ayant des cotes ESG élevées peuvent même bénéficier de taux d’intérêt réduits, du fait qu’elles posent un risque moindre aux yeux des prêteurs.

Enfin, la déclaration de performance extra-financière peut également procurer des avantages importants aux parties prenantes. Nous constatons que les investisseurs souhaitent de plus en plus avoir accès à des rapports ESG clairs et audités sur les entreprises de leurs portefeuilles, car ces rapports les aident à évaluer le risque.


Ces dernières années, de nombreux gouvernements ont adopté des lois qui rendent la déclaration obligatoire. Les professionnels du développement durable prévoient aussi une normalisation croissante des cadres de déclaration. Comment les organisations peuvent-elles mettre en place un processus de déclaration qui sera suffisamment souple pour s’adapter à l’évolution constante des exigences dans ce domaine?

Tout le monde aimerait qu’il y ait un seul cadre à suivre. Mais dans les faits, les exigences applicables en matière de déclaration continueront de différer d’un pays à l’autre pendant un certain temps encore. La meilleure façon de s’adapter aux nombreuses inconnues est d’implanter un système polyvalent capable d’héberger et d’analyser toutes sortes de données ESG. Les entreprises devraient chercher à recueillir autant de données que possible sur le terrain, de façon aussi détaillée que possible. Elles seront ainsi en mesure de calculer à peu près n’importe quel indicateur de performance à partir de leurs données brutes afin de satisfaire à toute demande des agences de notation et à toute exigence des cadres de déclaration.


Cet entretien a été initialement publié en décembre 2021 dans le cadre du symposium de la VRF.

Vous vous demandez comment vous pourriez tirer le meilleur parti de notre logiciel spécialisé pour la déclaration de performance extra-financière?