Septième édition de la Semaine annuelle de la durabilité : quatre points clés à retenir

Publié le
1er avril 2022

Depuis plusieurs années, l’obligation pour les sociétés de communiquer des informations sur la durabilité et l’importance croissante que les investisseurs accordent à la performance en matière environnementale, sociale et de gouvernance (ESG) sont au cœur des discussions mondiales sur le développement durable. Les préoccupations climatiques grandissantes ont poussé les entreprises du monde entier à adopter la déclaration de performance extra-financière.

Pour atteindre la carboneutralité à l’échelle mondiale d’ici 2050, il faudra toutefois se concentrer sur la voie à suivre. Les dirigeants des entreprises tournées vers l’avenir doivent trouver des solutions pour atteindre des cibles ambitieuses et pour mobiliser leurs parties prenantes.

Lors de la septième édition de la Semaine de la durabilité d’Economist Impact, des dirigeants d’entreprise, des investisseurs, des décideurs politiques, des financiers, des entrepreneurs, des chercheurs et d’autres participants provenant des quatre coins du monde se sont réunis, de façon virtuelle et en personne, au Royaume-Uni, pour discuter des nouvelles tendances en matière d’action climatique et pour proposer les prochaines étapes en vue d’une transition réussie.

Nous avons bien apprécié l’occasion de prendre part aux discussions en cours, car nous croyons que nos solutions pour la déclaration de performance extra-financière doivent continuer de s’adapter pour répondre aux besoins grandissants des entreprises qui souhaitent mesurer et améliorer leur performance en matière de durabilité à l’aide d’une approche pratique axée sur les données.

Voici les quatre points clés que nous avons retenus de cet événement :

1. Il faut continuer d’agir au-delà de la conférence COP 26 pour maintenir l’objectif de limiter le réchauffement climatique à 1,5 °C

Dans son discours principal tenu à l’occasion de la Semaine de la durabilité, le secrétaire général des Nations Unies, António Guterres, a lancé un cri d’alarme aux entreprises, aux gouvernements et aux particuliers.

Il a appelé les parties prenantes, en particulier celles du G20, à s’impliquer davantage, insistant sur l’importance de mettre en place de nouvelles infrastructures économiques durables et d’adopter des mesures d’atténuation normalisées dans les villes phares du monde.

« Nous ne pouvons pas nous contenter de pointer des organisations du doigt pendant que le monde brûle », a-t-il confié avec justesse en évoquant les obstacles auxquels se butent les institutions financières privées, les banques et les grandes entreprises. Ces intervenants doivent commencer à intégrer à leurs activités des processus pour la communication d’informations sur le changement climatique et pour l’atténuation de leurs émissions de carbone afin de favoriser une progression régulière vers l’atteinte des cibles climatiques établies dans le cadre des 17 objectifs de développement durable des Nations Unies.

M. Guterres a également souligné l’importance de mesurer et de réduire les incidences négatives des secteurs pétrolier et gazier dans leur ensemble. 

Un constat se dégage clairement : il faut susciter un changement le plus tôt possible, et nous ne pourrons y arriver que si les puissances économiques du monde s’unissent.

2. Les entreprises doivent apprendre à gérer plus efficacement les enjeux liés à la durabilité

Le dernier point important à retenir de la conférence est la nécessité de fournir de l’éducation en continu quant à la manière d’exercer des activités commerciales durables.

Malgré leurs bonnes intentions, de nombreuses entreprises courent actuellement le risque d’entacher leur réputation et de s’aliéner leurs parties prenantes en étant associées au phénomène que les intervenants du secteur de la durabilité nomment l’« écoblanchiment ». Cette pratique de plus en plus répandue consiste à prendre des engagements en matière de durabilité sans par la suite fournir de données auditées ni de preuves tangibles pour les étayer. 

Les investisseurs et les consommateurs recherchent des entreprises dont les valeurs correspondent aux leurs, qu’il s’agisse de pratiques d’embauche inclusives favorisant la diversité, de produits respectueux de l’environnement ou d’objectifs clairs et réalistes en matière de carboneutralité. De leur côté, les entreprises se rendent rapidement compte que la durabilité est de plus en plus synonyme de rentabilité.

Or, si la prise d’engagements publics en matière de durabilité peut sembler être un moyen de séduire rapidement les marchés financiers et le public, elle peut poser un risque concret pour les entreprises qui s’y prennent de la mauvaise manière – ou qui prennent des engagements pour les mauvaises raisons.

Étant donné que les entreprises doivent absolument disposer de données granulaires pour éviter que leurs pratiques ne soient associées à l’écoblanchiment, les rapports sur la durabilité jouent désormais un rôle crucial. Les sociétés ouvertes qui souhaitent accroître l’incidence positive des rapports publics sur leurs résultats doivent faire preuve de prudence et de transparence dans leurs communications et doivent continuer à mesurer et à gérer leur performance ESG avec la plus grande intégrité.

Qui plus est, il ne suffit pas d’éviter ces écueils en matière de relations publiques : la volonté de transparence et de responsabilité associée aux pratiques commerciales durables a entraîné une multiplication des normes auxquelles les entreprises doivent se conformer. Et devant autant de possibilités, il peut être difficile pour les équipes de la durabilité des entreprises de suivre le rythme.

Heureusement, diverses ressources peuvent s’avérer très utiles, comme ce rapport du Global Reporting Initiative (GRI), qui présente un graphique de classification des principales normes ainsi que des principaux cadres et organismes d’évaluation. Dans la plupart des cas, un partenariat avec un consultant en durabilité peut également aider les entreprises à rester au fait de l’évolution des exigences.

Un diagramme du GRI
Un champ vert et un ciel bleu

3. Les autorités de réglementation doivent collaborer pour écologiser le système financier

La conférence a aussi fait ressortir l’importance de la question suivante : comment les marchés des capitaux et les autorités de réglementation peuvent-ils travailler ensemble pour susciter une économie plus verte, plus inclusive et plus respectueuse de l’environnement?

La réponse semble résider en partie dans la conclusion de nouveaux partenariats internationaux, le regroupement d’organismes existants et la normalisation des cadres en usage. Le partenariat entre la fondation de l’IFRS et le GRI annoncé récemment représente un bon exemple d’une telle collaboration. En vertu de ce nouvel accord, les conseils de normalisation respectifs de ces organismes, soit l’International Sustainability Standards Board (ISSB) et le Global Sustainability Standards Board (GSSB), coordonneront dorénavant leurs programmes et leurs activités.

À titre de rappel, l’IFRS Foundation avait annoncé la création de l’ISSB en 2021, lors de la Conférence des Nations Unies sur les changements climatiques (COP26), dans le but de fournir un cadre de référence international complet pour la communication d’informations sur le changement climatique aux investisseurs des différents marchés financiers.

Le partenariat conclu par ces organismes met en évidence une tendance croissante à la collaboration, qui accroîtra la compatibilité des processus de communication des informations et fournira un cadre de référence aux investisseurs. La déclaration de performance extra-financière s’impose de plus en plus comme un facteur clé pour les grandes entreprises qui cherchent à exposer l’incidence de leur croissance à leurs parties prenantes de façon transparente.

4. L’amélioration de la déclaration de performance extra-financière commence par l’amélioration des données

Les questions suivantes ont également été soulevées lors de la conférence : sur quels types d’informations ESG les investisseurs s’appuient-ils, et comment les sociétés non cotées peuvent-elles être suffisamment transparentes pour que les agences de notation les évaluent le plus précisément possible?

Tandis que les investisseurs posent un regard critique sur les stratégies de responsabilité sociétale des entreprises et sur leur mise en œuvre, les sociétés de toutes tailles ont un incitatif économique important pour envisager l’étoffement de leurs processus de communication des informations sur la durabilité et les émissions.

Bien que l’émergence d’un nombre important de cadres et de normes aux quatre coins du monde complexifie les choses, nous pensons que les normes mondiales finiront par être harmonisées, en particulier lorsque le développement durable sera reconnu comme un facteur clé de croissance et de réussite.

Avec toute l’effervescence qui entoure la déclaration de performance extra-financière, il est facile de passer à côté du constat suivant : les entreprises peuvent utiliser les mêmes données brutes pour répondre à presque tous les questionnaires de communication et de déclaration. Il est certes important de choisir les normes et les cadres les plus pertinents, mais les entreprises auraient surtout intérêt à se concentrer sur les données qu’elles doivent recueillir pour répondre à toute norme éventuelle. En adoptant une approche ascendante pour la collecte des données ESG, les entreprises seraient en mesure de communiquer leurs informations plus facilement à tout organisme de réglementation ou de normalisation.

À cet égard, le choix des bons outils joue un rôle déterminant. Une plateforme de bout en bout pour la gestion et la déclaration des données extra-financières regroupe automatiquement les données ESG dans des indicateurs clés de performance couvrant divers aspects de l’entreprise, de la gestion des déchets à l’efficacité énergétique en passant par la diversité de la main-d’œuvre et les émissions de carbone. L’entreprise peut ensuite utiliser ces indicateurs clés de performance pour déceler les risques et les occasions, pour améliorer ses stratégies en matière d’exploitation et de croissance, et pour produire des communications transparentes et engageantes à l’intention de ses parties prenantes, tout en créant de la valeur supplémentaire pour ses investisseurs.

Les évaluations des agences de notation et les nouvelles réglementations gouvernementales concernant la communication des informations, comme celle annoncée récemment par la Securities and Exchange Commission (SEC) des États-Unis, sont en train de façonner l’avenir en matière de déclaration extra-financière. Pour s’adapter aux nouvelles exigences, les entreprises peuvent – et doivent – être proactives en ce qui a trait à l’évaluation de leurs données, notamment au moyen d’audits. Si la déclaration de performance extra-financière représente un facteur de rentabilité considérable aux yeux des investisseurs, elle ne profite pas uniquement aux sociétés ouvertes : elle peut aider toute organisation à évaluer les risques auxquels elle s’expose, à accroître la visibilité de sa chaîne d’approvisionnement, à améliorer la rétention de son personnel et à renforcer son image de marque.

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